Design graphique
Mise en page d’un document professionnel : bien plus que du design
Une bonne mise en page ne se remarque pas toujours. En revanche, une mauvaise se ressent immédiatement : on cherche l’information, on ne sait pas par où commencer et les pages semblent toutes avoir la même importance. Mettre en page un document, ce n’est donc pas décorer un contenu. C’est lui donner une structure.
Donner une hiérarchie aux informations
Un rapport annuel, une brochure ou un dossier de présentation rassemble souvent des contenus très différents : textes, chiffres, tableaux, citations, photographies, graphiques…
Tout ne peut pas être présenté au même niveau.
Le travail de mise en page consiste d’abord à déterminer ce que le lecteur doit voir immédiatement, ce qu’il peut parcourir rapidement et ce qui demande une lecture plus attentive.
Les titres, les blancs, les changements de rythme, les couleurs ou la typographie servent cette hiérarchie. Ils ne sont pas ajoutés pour remplir la page.
Construire un document que l’on peut réellement parcourir
Nous recevons régulièrement des documents dont le contenu est bon, mais dans lesquels l’information s’est accumulée au fil des années.
Un nouveau paragraphe a été ajouté ici. Un tableau là. Une page a été dupliquée parce qu’elle fonctionnait à peu près. Progressivement, le document devient difficile à utiliser.
Avant même de travailler son apparence, il peut être nécessaire de reprendre sa structure : regrouper certains contenus, créer des niveaux de lecture, identifier les répétitions ou repenser l’ordre des pages.
C’est souvent à ce moment-là que la mise en page commence réellement.
Faire travailler ensemble le fond et la forme
La forme n’est pas là pour masquer un contenu pauvre. Et un contenu intéressant ne devrait pas avoir à se battre contre sa présentation pour être compris.
Un graphique peut parfois remplacer un long paragraphe. Une photographie peut introduire un chapitre. Un chiffre important peut devenir un repère dans la page plutôt que rester perdu dans un tableau.
Le rôle du graphiste est justement de trouver la bonne forme pour chaque information.
Prévoir les usages dès la conception
Un document destiné à être imprimé ne répond pas exactement aux mêmes contraintes qu’un PDF consulté sur écran. Un rapport de 150 pages ne se construit pas comme une plaquette commerciale de huit pages.
Format, reliure, navigation, poids du fichier, accessibilité, impression ou utilisation future par les équipes doivent être anticipés.
La mise en page devient alors ce qu’elle devrait toujours être : un outil au service du contenu et de ceux qui vont le lire.
Une mise en page se construit aussi pendant les échanges
Un document important arrive rarement entre nos mains sous sa forme définitive.
Les textes évoluent, certains chiffres sont corrigés, une photographie est remplacée, un tableau s'allonge ou un nouveau contenu apparaît en cours de projet.
Le travail de mise en page consiste aussi à absorber ces évolutions sans perdre la cohérence de l'ensemble. Ajouter trois lignes sur une page peut avoir des conséquences sur la suivante ; déplacer un graphique peut modifier tout l'équilibre d'un chapitre.
Les différentes étapes de relecture et de validation font donc partie intégrante du travail. La mise en page n'est pas une décoration appliquée une fois le contenu terminé : elle accompagne le document jusqu'à sa version finale.