Design graphique
Brochure ou document PDF : 10 erreurs qui compliquent la lecture
Nous recevons régulièrement des rapports, brochures ou présentations riches sur le fond, mais difficiles à parcourir. Le problème vient rarement d’un manque de « design ». Au contraire : avant de chercher à embellir un document, il faut surtout organiser l’information, créer des niveaux de lecture et donner des repères. Voici dix défauts que nous rencontrons souvent lorsque nous reprenons un document existant.
Tous les titres se ressemblent
Titre de chapitre, sous-titre, introduction, légende… si tout utilise la même taille et le même traitement graphique, le lecteur ne sait plus où il se trouve.
Une bonne hiérarchie permet au contraire de comprendre la structure d’une page presque sans la lire. C’est l’un des premiers sujets que nous travaillons dans nos projets de mise en page de documents.
Les paragraphes forment des murs
Un texte peut être excellent et décourager la lecture simplement parce qu’il est présenté en blocs trop denses.
Intertitres, citations, chiffres clés, listes ou respirations permettent de créer plusieurs portes d’entrée dans le contenu. Il ne s’agit pas de simplifier le propos, mais de permettre au lecteur de choisir son niveau de lecture.
L’information importante est noyée
Un chiffre essentiel placé au milieu de quinze lignes est techniquement présent. Mais sera-t-il vu ?
La mise en page doit aussi traduire les priorités éditoriales : ce qui mérite d’être retenu ne peut pas recevoir exactement le même traitement que le reste.
Le corps de texte est trop petit
Réduire la taille des caractères pour gagner deux pages est rarement une bonne économie.
La taille du texte, l’interlignage, les contrastes et les espaces participent directement au confort de lecture. Un document professionnel n’a pas seulement vocation à « faire tenir » un contenu : il doit pouvoir être lu sans effort.
Les lignes sont trop longues
Une grande page ne doit pas nécessairement être remplie d’un bord à l’autre.
Lorsque l’œil doit parcourir des lignes très longues, retrouver le début de la ligne suivante devient plus difficile. La largeur des colonnes, les marges et l’interlignage comptent donc autant que le choix de la typographie.
Les images sont choisies trop tard
Une photo récupérée dans une présentation PowerPoint ou sur un site internet peut paraître correcte à l’écran et devenir médiocre une fois imprimée en grand format.
Nous préférons identifier les besoins iconographiques suffisamment tôt : format, cadrage, résolution, droits d’utilisation… Cela évite de construire une page autour d’une image qui ne pourra finalement pas être utilisée.
Les graphiques veulent tout montrer
Un graphique n’est pas nécessairement meilleur parce qu’il contient davantage de données.
Trop de courbes, de couleurs ou de catégories obligent le lecteur à décoder le graphique avant d’en comprendre le message. Nous commençons généralement par une question simple : qu’est-ce que ce graphique doit permettre de comprendre ?
Le dessin vient ensuite.
Chaque page invente ses propres règles
Une couleur apparaît sur une page, disparaît sur la suivante. Les légendes changent de forme. Les marges bougent. Un pictogramme est utilisé une fois puis remplacé par un autre.
Pris séparément, ces détails semblent anodins. Ensemble, ils donnent rapidement une impression d’incohérence.
Une charte graphique et des gabarits bien conçus permettent justement de créer un système suffisamment souple pour accueillir des contenus différents sans repartir de zéro à chaque page.
Le PDF est uniquement pensé comme un document imprimé
Un rapport ou une brochure est aujourd’hui souvent consulté directement sur écran, parfois davantage qu’il n’est imprimé.
Il faut alors penser différemment certains détails : sommaire cliquable, liens, poids du fichier, contrastes, ordre de lecture ou encore comportement des doubles pages.
Le bon fichier n’est pas forcément le même selon qu’il doit partir chez l’imprimeur ou être téléchargé depuis un site.
Le fond continue de changer pendant toute la mise en page
Modifier quelques phrases fait partie du travail. Réécrire un chapitre entier lorsque quatre-vingts pages sont déjà composées a beaucoup plus de conséquences.
Pagination, sommaire, renvois, tableaux et illustrations peuvent tous être déplacés.
Pour les brochures, rapports et documents corporate, nous préférons donc valider progressivement la structure puis quelques pages représentatives avant de décliner l’ensemble. Cela laisse la place aux corrections sans transformer chaque aller-retour en reconstruction du document.
La bonne mise en page est celle qui aide à lire
Une mise en page réussie n’a pas besoin de chercher l’effet graphique à chaque page.
Elle installe des repères, fait ressortir ce qui compte et donne un rythme au document. Le graphisme reste présent, mais il sert d’abord le contenu.
C’est cette logique que nous appliquons aussi bien à une brochure de quelques pages qu’à des documents beaucoup plus denses.